M13 CIFR A : Fallait avoir envie!

Pour ces premiers matchs de championnat, et malgrA� un lA�ger flA�chissement en premiA?re mi-temps contre Chevreuse, ce sont des 2001 plein d’envie et concentrA�s sur leur jeu qui sont aller s’imposer sous une pluie battante contre leurs hA?tes de Bobigny et les autres invitA�s de Chevreuse.

MalgrA� les bouchons, la pluie, les accidents sur le pA�riphA�rique et un GPS fantasque, nous arrivons A� peu prA?s A� l’heure au Stade la Motte, dotA� depuis deux saisons d’un terrain synthA�tique. Le trajet en bus fut calme, comme souvent A� l’aller, ce qui permit aux M9 de ne pas A?tre trop effrayA�s par leurs remuants et bruyants aA�nA�s. Comme Chevreuse, venu de trA?s loin, est arrivA� bien aprA?s nous, nous commenA�ons par la rencontre contre Bobigny, qui se jouera intA�gralement.

 

Offensifs

Les consignes du jour ont A�tA� simples : « des placages offensifs pour faire reculer l’adversaire, une prA�sence de chaque instant pour rA�cupA�rer ou sA�curiser les ballons ainsi qu’offrir des choix multiples au porteur de balle, du soutien, du soutien et encore du soutien. Vigilants! ConcentrA�s! AppliquA�s! Et aprA?s, si vous avez des ballons, jouez-les, c’est ce que vous faites le mieux ».A�Cette A�quipe de Bobigny semble belle : de beaux gabarits, des joueurs rapides et agiles. Nous pensons que cela sera rude. Les premiA?res secondes rA�vA?lent d’ailleurs un beau joueur balbynien, portant le numA�ro 12. Il est grand, athlA�tique, incisif, vif, et sait tenir et faire vivre un ballon. On se dit que cela va sans doute A?tre trA?s rude.
Mais trA?s rapidement nous dA�couvrons chez les nA?tres une envie qu’on ne leur connaA�t pas toujours en dA�but de match. L’une des premiA?res attaques du nA�12 rouge et noir se voit repoussA�e par un magistral placage offensif de Pierre, qui fait reculer son vis A� vis de deux mA?tres. Nouvelle attaque de Bobigny, qui exploite un ballon trA?s propre et l’A�carte jusqu’au 12… qui recule A� nouveau sur placage offensif de Pierre. La balle grattA�e suite A� ce placage est bien exploitA�e par nos joueurs qui franchissent une premiA?re fois la ligne au terme d’un beau mouvement. Bobigny ne baisse pas les bras, et se remet A� l’attaque, mais les placages parisiens sont tous rA�ussis, et, surtout, font reculer les attaquants rouges et noirs. PrivA�s de ballons, nos hA?tes ont du mal A� jouer.

 

Joueurs

GavA�s de ballons, les nA?tres les jouent tous, et, ne les font que rarement tomber, malgrA� la pluie et le froid. Je ne sais s’ils se sont intA�rieurement pris pour Johnny Halliday avant la rencontre, en hurlant secrA?tement en leur for intA�rieur « qu’on me donne l’envie! », mais une chose est certaine : ils l’ont! En totale autonomie sur le jeu, ils combinent, osent, rA�citent leurs gammes en s’appliquant, et, sur le bord du terrain, brille dans les yeux des dirigeants et des coaches l’absent de tout ciel. Ces croisA�es, ces feintes, ces « je fixe – je donne », ces passes aprA?s contact, ces passes au pied, orchestrA�es sur un tempo rapide de ballons vite propres et vite libA�rA�s par Alexandre ou Etienne, seront notre soleil de l’aprA?s-midi.
Tout le monde joue, tout le monde se donne, tout le monde donne la balle. MA?me FA�fA� va, parfois, prA�fA�rer fixer et donner que percuter et transmettre aprA?s contact dans une de ces positions aussi acrobatiques qu’improbables dont il a le goA�t et le secret. Mais rassurez-vous, on a quand mA?me vu sa cA�lA?bre « chistera de la mort », qu’il effectue traditionnellement en vol planA�, et sans regarder. A la mi-temps, nous menons donc par 4 essais A� rien. La seconde mi-temps fut identique A� la premiA?re. Bobigny ne dA�sarme pas et essaie toujours d’attaquer, mais se retrouve trop souvent sur le reculoir pour pouvoir construire. Et nos garA�ons, toujours aussi appliquA�s, en profitent pour inscrire quatre nouveaux essais. Score final : 8-0 pour Paris 15.

 

Au fond de la vallA�e

La premiA?re mi-temps contre Chevreuse fut moins glorieuse. Comme si, aprA?s avoir tutoyA� les sommets d’un rugby fluide et appliquA�, nos joueurs avaient dA�valA� la pente pour se retrouver au fond de la vallA�e. Ils resteront coincA�s durant toute la premiA?re mi-temps dans ce talweg boueux. La courbe de niveau de leur rugby est au plus bas : moins de soutien, moins d’application, des placages moins conquA�rants, moins de collectif… Sous nos yeux mA�dusA�s A�volue une A�quipe mA�connaissable, composA�e de 11 Jean-Claude Dusse, aussi incapables de planter leur rugby que Jean-Claude son bA?ton! Mais, comme aurait dit Jean-Claude, « sur un malentendu, on peut conclure ». Ainsi, grA?ce A� quelques fulgurances individuelles, Paris 15 mA?ne nA�anmoins 3-0 A� la mi-temps. AprA?s tout, Jean-Claude Dusse a bien fini avec Gigi…

 

RemA?de et guA�rison

Comme nous sommes au pied de l’hA?pital Avicenne, une mA�dication s’impose : coaches et dirigeants se lancent dans un diagnostic diffA�rentiel de la stA�nose rugbystique de l’A�quipe, suivi d’une sA�ance de thA�rapie de groupe par l’oralitA�, A�galement appelA�e en jargon ovalien « remontage de bretelles ». Pour que le traitement soit efficace, les joueurs doivent A�faire un cercle resserrA� et regarder le bout de leurs crampons, et A�couter attentivement les incantations de l’encadrement, longues litanies mA?lant paroles posA�es, formules poA�tiques, A�ructations et exclamations de voix entrecoupA�es de lourds silences. Ensuite, ils iront mA�diter pendant que Chevreuse prend pA�niblement l’ascendant sur Bobigny au terme d’une mi-temps confuse.
De retour sur le terrain, nos joueurs nous montrent que la thA�rapie a fonctionnA�. Ils ont retrouvA� le sens du jeu, et celui des passes. Sans A?tre au niveau de leurs deux premiA?res mi-temps contre Bobigny, les noirs et jaunes semblent avoir remontA� la pente et se font A� nouveau plaisir autant qu’ils nous font plaisir. On plaque, on gratte, et on essaie de construire de beaux mouvements. Ils marqueront ainsi encore trois essais, pour sortir du terrain victorieux sur le score de 6 A� 0.

Avec cette pluie, ce froid, il fallait vraiment avoir envie. Ils l’avaient! Bravo A� tous.

DA�solA� pour la piA?tre qualitA� des photos… pluie et buA�e sur l’objectif, doigts gourds, sangliers qui avaient mangA� des cochonneries….